Depuis plus de vingt ans, Miguel Chevalier s’est donné un champ d’investigation : le monde des réseaux et des systèmes qui gouvernent les sociétés actuelles. Il vit dans le numérique, le virtuel, le technologique et en rapporte des images et des dispositifs. Elles tiennent à moitié de l’échantillon représentatif, à moitié de l’emblème. Ce sont, en deux dimensions, des compositions géométriques complexes de lignes lumineuses qui dessinent des volumes cristallins dans un espace saturé d’une couleur acide. Une salle est occupée par une installation monumentale, des structures d’acier disposées dans un ordre incompréhensible. Suspendue au plafond, à peine éclairée, cette cage environne le visiteur à la façon d’une toile d’araignée aux nombreux replis ou d’une architecture tout à la fois immatérielle et inquiétante. La pièce la plus réussie est cependant celle qui emprunte au virtuel ses technologies savantes. Un vidéoprojecteur projette au mur une arborescence de noms qui se déplacent, glissent, s’effacent et reviennent selon le programme d’un logiciel. Ici, les noms ont été pris simplement dans le carnet d’adresses de la galerie. Il est ainsi assez drôle d’assister au ballet muet et absurde des artistes, critiques, conservateurs et galeristes qui flottent dans un espace factice au gré des calculs d’une machine et du bon plaisir du visiteur. D’un geste de la main, celui-ci peut en effet brouiller l’image et la faire exploser.
Le virtuel selon Miguel Chevalier
art numérique et systèmes virtuels
Exposition — Exposition Miguel Chevalier