Somptueuse rétrospective Dan Flavin, artiste du néon

Les œuvres lumineuses de Dan Flavin, présentées à l’Hayward Gallery, à Londres, sont mises en scène dans toute leur splendeur. Venue du Musée d’art contemporain de Chicago, cette rétrospective est un événement. Une cinquantaine de pièces retracent le parcours de l’artiste américain qui, des années 1960 aux années 1990, fit du néon son unique matière première. On comprend mieux comment Flavin a construit cette œuvre en feu d’artifice sobre et intense. Comment il a ouvert, avec ses congénères Carl André et Donald Judd, la voie de l’art minimal. Ses influences sont décryptées, du sculpteur Constantin Brancusi à Vladimir Tatlin, constructiviste russe pour lequel il dessina une série de Monuments, représentée ici par un hommage aux victimes de la guerre du Vietnam - une façon de rappeler que le minimalisme n’était pas qu’un jeu de formes. Dès la première salle, une grille de néons verts lacère l’espace de tout son long. Au loin se profile une ouverture envahie de mauve. De pièce en pièce, les néons investissent le sol, les angles de murs, les recoins. Les nuances s’enrichissent : jusqu’à ces néons qui diffusent vers nous un bleu doux et renvoient vers le mur une ombre aux multiples couleurs. Et l’on comprend ce que les expérimentateurs actuels de la lumière - Olafur Elliason, Ann-Veronica Janssens - doivent à Dan Flavin. L’accrochage reconstitue deux expositions du New-Yorkais. Celle de 1964, à la Green Gallery de New York, où pour la première fois il n’exposa que de la lumière fluorescente. Et celle de 1972, à Houston, où Flavin dessina un ensemble de parois cruciformes créant un labyrinthe dont chaque angle révèle un secret de lumière.

Dan Flavin, une rétrospective, Hayward Gallery, South Bank Centre, Belvedere Road, Londres. Tél. : 00-44- (0) 20-7921-813. Jusqu’au 2 avril.

Bérénice Bailly