Le retour d’Yves le Monochrome ? Pour Alfred Pacquement, directeur du Musée national d’art moderne, la seconde rétrospective de Klein-le seul artiste français Duchamp inclus- honoré d’unee telle façon, s’impose. Selon lui, les années qui séparent cette exposition de la première (1983) sont une raison suffisante de pour proposer à la jeune génération une confrontation avec cette œuvre et ses nouvelles lectures. De fait, les travaux effectués par différents chercheurs et par les archives de Klein, permettent de dégager la véritable dimension polyphonique de cette œuvre. Comme le remarque Pacquement « L’œuvre de Klein est si riche, si pleine de projets, d’idées, de concepts relayés par ses abondants écrits, que les interprétations en sont multiples et sans cesse poursuivies et prolongées ». Qui plus est, Klein jouit certes d’une renommée internationale mais qui a besoin d’être soutenue par les institutions françaises afin qu’il puisse accéder au même rayonnement que celui d’autres ténors de la modernité d’après guerre. L’importance de la collection rassemblée patiemment par le musée, la position inséparable de Klein de la scène artistique parisienne des années 60 justifient ainsi pleinement cette manifestation.
Questions En quoi cette rétrospective est-elle différente de celle de 1983 ? Pourquoi accordez vous une telle place à l’œuvre cinématographique liée à l’œuvre de Klein ? L’exposition est accompagnée des activités extra-muros (l’illumination de la Concorde, la lâchée des ballons bleus..) Ne craignez vous que ces événements donneront une image « branchée », gadgétisée de Klein pour un public qui n’est pas familier avec sa pensée ? Vous semblez donner une importance capitale à ce fameux ex-voto de Klein, dédié à Sainte Rita, comme en quelque sorte une preuve définitive de l’évolution chromatique vers l’immatériel chez Klein. Cet objet fétiche n’enferme-t-il pas une certaine dose de naïveté ? En tant qu’organisatrice de cette exposition, quel est pour vous l’impact de Klein sur la jeune génération d’artistes ?