28 mars - 2 juillet 2007 Galeries nationales du Grand Palais

Arman César Christo Deschamps Dufrêne Hains Klein Raysse Rotella Niki de Saint-Phalle Spoerri Tinguely Villeglé SOMMAIRE

COMMUNIQUE DE PRESSE p. 3

INFORMATIONS PRATIQUES p. 4

PARCOURS DE L’EXPOSITION p. 5

CATALOGUE p. 6

COMMUNIQUE DE PRESSE

Exposition co-produite par la RMN, le Centre Pompidou et le Sprengel Museum de Hanovre, présentée au Sprengel Museum du 19 septembre 2007 au 27 janvier 2008.

Le Nouveau Réalisme s’inscrit, à la fin des années cinquante jusqu’au milieu des années soixante, dans un mouvement général de renouvellement des langages plastiques et des thèmes face à une société de consommation et industrielle en plein essor, en rupture avec l’immédiat après-guerre : Néo-Dada, Pop Art, Fluxus, groupe Zéro, Nouveaux Réalistes… Klein, Hains, Villeglé, Tinguely, César, Arman, Spoerri, Raysse, Dufrêne, Rotella, Niki de Saint-Phalle, Deschamps, Christo, baptisés de manière volontariste par le critique d’art Pierre Restany de « Nouveaux Réalistes1 », multiplient, entre 1960 et 1963, manifestations collectives et « actions-spectacles ». Ils intègrent à leurs œuvres des éléments de l’univers quotidien, urbain et industriel (palissades, barils, objets en plastique, détritus, voitures ou sigles de la circulation…) - Compressions de César, Accumulations d’Arman, décollage et lacération d’affiches de Hains et Villeglé, assemblages d’objets courants en plastique de Raysse, tableaux-pièges de Spoerri, sculptures auto-destructives de Tinguely, Tirs de Niki de Saint-Phalle… - qui recèlent une véritable radicalité aujourd’hui oubliée.

Mouvement phare de la scène française artistique de l’après-guerre, le Nouveau Réalisme en tant que mouvement n’a pourtant pas fait l’objet d’une grande exposition depuis presque vingt ans (1960. Les Nouveaux Réalistes, Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1986). Si nombre d’artistes ont bénéficié depuis les années 80 d’une rétrospective (Martial Raysse, César, Arman, Tinguely, Hains, Les affichistes…), leur rattachement à un groupe qui a su être présent et actif sur la scène internationale des années 60 (Etats-Unis, Italie, Allemagne), est aujourd’hui mal connu, souvent minoré et mérite un nouvel éclairage, une nouvelle compréhension. Par ailleurs, alors que les acteurs disparaissent les uns après les autres – Niki de Saint-Phalle, César, Hains, Restany, Arman, Rotella… - il est important de saisir les derniers témoignages d’une histoire qui s’éloigne et que, de manière étonnante, se réapproprient aujourd’hui de nombreux jeunes artistes.

L’exposition, à partir d’environ 200 œuvres, se propose de retrouver la vitalité des actions et des œuvres du « nouveau réalisme » à travers la reconstitution ou la présentation de certains ensembles et un parcours thématique et historique qui permette de saisir les apports et les spécificités de ce mouvement ainsi que les temps forts de leur histoire commune. Elle se concentre sur une courte décennie – de 1958 aux années 1965/69 – qui voit la constitution du groupe et l’expression d’actions collectives - période extrêmement dense et vivante, qui sera ensuite recouverte par l’affirmation des trajets personnels de chacun des artistes. Outre, bien évidemment les œuvres des artistes directement rattachés au mouvement, quelques pièces d’artistes proches et souvent en contact avec ces derniers (les « Objecteurs » réunis par Alain Jouffroy tels que Raynaud, Pommereulle, Dietman, ou encore Malaval, Jacquet, des artistes issus de Fluxus comme Filliou ou Vostell, du groupe Zéro tel que Günther Uecker, les Américains néo-dadas, Rauschenberg, Stankiewicz, Johns, Bontecou, Chamberlain…) seront incluses, afin d’évoquer la multiplicité des courants qui animent ce mouvement et de ne pas réduire, comme on l’a fait trop souvent, le Nouveau Réalisme à la déclinaison emblématique et schématique de quelques gestes. RENSEIGNEMENTS PRATIQUES Commissaire général : Cécile Debray, conservateur, chargée de mission auprès de l’administrateur général de la RMN.

Commissaires associés : Dr Ulrich Krempel, directeur du Sprengel Museum de Hanovre. Camille Morineau, conservateur au Musée National d’Art moderne, Centre Pompidou.

Assistés de Domitille Chaudieu et de Valérie Loth.

Avec le concours de l’INHA et des archives de la critique d’art (Richard Leeman, Anne Bariteaud, Antje Kramer)

Scénographie : Sylvie Jodar et Antoine Plazanet

Contact presse : Florence Le Moing Réunion des musées nationaux 49, rue Etienne Marcel 75039 Paris cedex 01 florence.le-moing@rmn.fr PARCOURS DE L’EXPOSITION

1 - « Après l’abstraction » permet d’interroger l’émergence du groupe et les liens de réactivité et de positionnement entretenus avec le contexte artistique des années 50 où prédominent l’abstraction et la gestualité.

A- Les affichistes : les œuvres de Villeglé, Hains, Dufrêne, Rotella ainsi que Vostell et Wolman avec également film et documents sonores (Crirythmes de Dufrêne et poèmes phonétiques de Rotella) B- Le geste et l’empreinte : l’approche nouvelle du « faire » (anthropométries, allures d’objets, l’empaquetage, compression, décollage, métamatics…).

2 – « Néo-Dada ? » où les liens avec le mouvement Dada et le travail de Duchamp (les ready-made, la scénographie des expositions surréalistes) sont évoqués à travers des œuvres qui mettent en jeu le sens – des Détrompes-l’œil, des Pièges à mots de Spoerri proches de Fluxus, aux poèmes phonétiques de Rotella et aux Crirythmes de Dufrêne jusqu’au concert performance de John Cage à l’Ambassade américaine en 1961 avec Tinguely, Niki de Saint-Phalle, Rauschenberg et Jasper Johns.

A- Autour de Duchamp Rassemble des pièces en forme d’hommage ou de référence distanciée à l’auteur du Ready Made (la valise de Spoerri, l’Hommage à Mutt de Spoerri ou Les Chiottes de Tinguely, Hommage à Duchamp d’Arman, la série Rrose Sélavy de Spoerri…) Une tentative de reconstitution de la salle des « informels » de la Biennale de Paris de 1959 (plafond de Dufrêne, affiches lacérées de Villeglé et Palissade de Hains) en écho aux scénographies duchampiennes B- Les Nouveaux Réalistes à Paris et New York Est présentée la confrontation entre les artistes américains néo-dadas (Rauschenberg, Johns, Chamberlain, Stankiewicz) et les Nouveaux Réalistes qui avaient été organisée par Restany lors de l’exposition parisienne galerie Rive droite en 1961. C- Détruire Cette section consacrée à la destruction (Tirs de Niki de Saint-Phalle, Colères d’Arman, Hommage à New York de Tinguely, Plaques de blindages percées de balles de Deschamps) montre la spécificité du mouvement par rapport à la table rase dada. D- « Pompéi mental » Réunit à partir de l’expression du critique Alain Jouffroy, des œuvres interrogeant le spectral, la disparition, la morbidité, la temporalité (Si c’est noir, je m’appelle Jean de Tinguely, anthropométrie négative de Klein, meubles brûlés d’Arman…)

3 – « Hygiène de la vision » Dernier temps, orienté vers les années 70, sont abordés le dialogue avec l’objet dans sa dimension ludique, poétique, sociologique ou politique, les thèmes du collectif et de l’utopie à travers l’exemple de l’exposition mémorable du Stedelijk Museum sur le thème du labyrinthe, le Dylaby, puis l’émergence d’une esthétique plus « pop » avec le recours à de nouveaux matériaux ou un traitement plus plastique et graphique.

A- Grammaire de l’objet Décline toutes les manipulations et approches de l’objet – l’analyse, l’assemblage, l’habillage, la collection, l’étalage, le détournement, le jeu d’objet… B- Le Dylaby L’Espace basculé de Spoerri et le Raysse Beach de Martial Raysse (évocation de l’environnement présenté l’année suivante en 63, à la galerie Iolas, aux Etats-Unis) C- Nouveaux matériaux le néon (M. Raysse), la résine (Poubelle organique d’Arman), le polyuréthane (Expansions de César)… D- Visions « pop » sont présentées des œuvres qui empruntent certains éléments ou images au langage visuel des « massmédias », à la thématique de la société de consommation, au « beau industriel » (tableaux de Jacquet, Allumettes de Seita ou Saffa (alias Hains), Bananes de Deschamps, Spirale de Tinguely, Nana de Niki de Saint-Phalle, le Pouce de César…).

Le parcours est ponctué par trois dossiers documentaires réalisés essentiellement à partir d’archives papier et audiovisuelles, avec le concours de l’Institut national d’Histoire de l’art (INHA) et des Archives de la critique d’art :

  • Actions - spectacle - histoire : une approche spécifique et scénographiée de la performance, investissement de l’espace urbain (les anthropométries de l’époque bleue de Klein, le restaurant de la galerie J de Spoerri, le mur de barils de la rue Visconti par Christo…), médiatisation et historisation du mouvement par Restany à travers les trois festivals, suivi d’une « dérestanisation »
  • Paris – New York Les liens entre Paris et New York, entre fascination et frustrations (amitiés, expositions, séjours au Chelsea Hotel…)
  • L’utopie et les projets collectifs festifs : l’exposition du Dylaby (Amsterdam, Stedelijk Museum, 1962), la Hon (Stockholm, Moderna Museet, 1966) – correspondance, photos, films

CATALOGUE

Sommaire :

PREFACES

Introduction, Cécile Debray, conservateur, RMN (présentation de l’expo, réception du mouvement)

Première partie

1/ les affichistes Les affichistes, entre rupture et continuité, Dominique Stella

2/ l’abstraction en question / le geste et l’empreinte La collaboration Klein Tinguely : la vitesse absolue, Andres Pardey, conservateur Musée Tinguely de Bâle

L’artiste au travail : être et ne pas faire, Catherine Francblin, FNAC

3/ L’action-spectacle Les actions-spectacles, Meredith Malone, University of Pennsylvania

4/ le parrainage de Marcel Duchamp et l’héritage Dada La filière Duchamp, Camille Morineau, conservateur MNAM

Un phénomène de convergence. La Rhénanie et le Nouveau Réalisme, Susanne Neuburger, conservateur, MUMOK, Wien [près de la repro de la Valise de Spoerri]

5/ « Le Nouveau Réalisme à Paris et à New York », 1961, Galerie Rive Droite « Maigres et poussiéreux » : les nouveaux réalistes à New York, Kaira Cabanas, University of Princeton

6/ Détruire De l’assemblage au « Nana Power ». Niki de Saint-Phalle et l’image de la femme, Ulrich Krempel, directeur du Sprengel Museum de Hanovre

7/ Pompéï mental Pompéï mental, Didier Semin, professeur ENSBA

8/ Grammaire de l’objet L’objectif du Nouveau Réalisme : un détournement de la profusion des « choses ». Jill Carrick, assistant Professor, Carleton University

9/ Hygiène de la vision Accumulations, répétitions, séries, multiples : De la parenté transatlantique de quelques « processus quantitatifs d’expression », Nathalie Leleu, MNAM

Les installations environnementales, Meredith Malone, University of Pennsylvania

Deuxième partie

Actions-Spectacles-Histoire Documents Richard Leeman avec Antje Kramer et Anne Bariteaud, chargés d’étude à l’INHA

Restany, critique impresario d’une avant-garde A/ L’Action-spectacle Encadrés : • Anthropométries bleues • Christo et l’espace urbain • Les Repas de la Galerie J

B/ Les festivals du NR :

  1. Nice, 1961 Encadré : • Les Entremets de la Palissade
  2. Munich, 1963 3. Milan, 1970 Encadré : • L’art participatif

C/ Médiatisation, théorisation, historicisation Encadré : • W. Vostell, une convergence difficile

Paris – New York Texte Deux encadrés : • Allan Kaprow / Restany • Le Chelsea Hotel

Utopies collectives

  1. Le Dylaby
  2. La Hon

BibLiographie, Renaud Bouchet

Liste des oeuvres

Sommaire