Les figures humaines chez Rocco sont un exemple parmi d’autres de la dissolution du visage dans l’art du 20 siècle. Ces « figures vagues » abandonnent toute aspiration à jouer le rôle du garant de la ressemblance. Plus que des visages d’individus, ces identités désertées, irradiées, sont comme vidées de toute substance. Diaphanes, à peine visibles, ces formes en retrait dont les contours s’érodent et deviennent traces faiblement imprimées sur la surface de la toile refusent désormais toute certitude, n’offrent plus aucune garantie d’éternité. Itzhak Goldberg traitera ce chemin de l’effacement qu’on retrouve chez de nombreux artistes contemporains et qu’on peut nommer l’esthétique du gris.
Maître de conférences en Histoire de l’art à l’Université de Nanterre, Paris X. Critique à la revue Beaux-Arts Magazine Auteur de « Jawlensky ou le visage promis »