Ce n’est pas le moindre mérite de cette exposition que de proposer une scénographie originale qui tranche avec une rétrospective traditionnelle, en évitant l’effet de répétition qui finit par être lassant. Finement articulée, accompagnée d’un catalogue exemplaire de précision, elle donne à l’œuvre d’Arman un nouvel éclat. Comme toujours, on peut discuter les choix. L’importance accordée à la peinture, surtout avec le chapitre J’ai refait la peinture étonne, quand les autres travaux montrent clairement que c’est avec les volumes déployés dans l’espace qu’Arman est de loin le plus inventif. De même, le rapprochement avec le Minimalisme à partir d’une œuvre (Endless Variation n° 1) semble hasardeux. Enfin, mais on le savait déjà, l’artiste niçois n’échappait pas à la fascination par le gadget. Ainsi, Solex, ici et là, 1989, ce « bibelot » motorisé, est une œuvre d’une virtuosité qui manque de souffle. N’est pas Easy Reider qui veut. Arman, lui, reconnaissait sans la moindre hésitation la qualité inégale de certains de ses travaux. Pour lui, c’était le prix à payer quand l’on s’engage dans une création ininterrompue. Pour le spectateur, une bonne occasion d’admirer l’étendue de cette production plastique protéiforme, où les objets, métamorphosés, ne retrouvent peut-être pas l’âme mais au moins la parole.