La durée est une composante constitutive d’une forme artistique “inventée” par le XXe siècle, l’installation. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, celle-ci ne se fixe pas de façon définitive, elle ne fait plutôt que passer. Cette disparition peut se déclarer soit de façon arbitraire (une date imposée par les organisateurs d’une exposition), soit d’une manière plus douce, quand l’installation est placée dans un milieu naturel. Dans ce cas, les différents changements, plus ou moins prévus ou maîtrisés par l’artiste, font la richesse de cette expression esthétique en mutation. C’est ainsi que l’oeuvre, partant du monument, peut être réduite à un vestige, à une trace, ou s’effacer complètement, sauvée in extremis de l’oubli par la photographie. On étudiera ces rapports complexes entre l’installation et la mémoire. Les œuvres qui seront traitées sont celles qui se mettent réellement en marche ou évoquent, d’une façon ou autre, la situation de différents “êtres nomades”, des SDF aux déportés, tous ceux qui se voient dans l’obligation de quitter leur lieu et entrer dans une spirale interminable, souvent tragique.

Itzhak Goldberg