Deux tableaux. Ou plutôt un tableau et un tableau-relief. Les titres, Painting et Painted White Relief, refusent obstinément toute intrusion d’une référence extra-picturale. Les oeuvres sont d’une facture précise et neutre, au caractère pur et cristallin. A partir de plans imbriqués aux contours nets, exécutés au compas, Nicholson obtient une structure dépouillée à l’extrême. C’est la rencontre avec Mondrian qui l’oriente vers un abstrait absolu, ascétique même. A l’instar du théoricien du néoplasticisme, il abandonne les natures mortes, proche du cubisme, au profit de compositions réalisées uniquement des éléments géométriques. Toutefois, contrairement au peintre hollandais et son principe d’orthogonalité, Nicholson n’élimine pas la ligne courbe et introduit systématiquement dans ses travaux des formes circulaires. Avec Painting, le cercle blanc, proche de bord du tableau, s’oppose au rectangle rouge situé au centre, contribuant ainsi à une dissymétrie dynamique. Painted White Relief, à mi chemin entre tableau et sculpture, fait partie de tableaux-reliefs, élaborés dès 1933, et qui deviennent la marque personnelle de l’artiste. Sur un fond blanc, deux rectangles en bois d’une même épaisseur, se détachent. Dans celui de droite, de taille plus réduite, Nicholson a “creusé” un disque parfait. L’aspect monochrome, l’équilibre entre deux formes géométriques épurées, réciproquement en avance et en retrait, forment une oeuvre dont Arp dirait qu’elle “dessine les contours de silence”.
Ben Nicholson, abstraction absolue
Abstraction géométrique de Ben Nicholson