Ici, le corps est omniprésent. On le trouve avec des oeuvres reproduites de Jessica Vaturi, peintre et plasticienne, qui s’intéresse à sa “topographie des ramification internes, des flux latents ou cachés”. Mais, couvert ou ouvert, le corps est interrogé par les différents auteurs dont les récits débordent parfois le cadre strict de l’histoire de l’art. Ainsi, Georges Didi-Huberman étudie le sens du tallith, ce châle de prière dans lequel les juifs religieux sont enterrés. Ailleurs, Benny Lévy réfléchit sur le sens profond des vêtements dans la Bible. Ailleurs encore, Raphaël Cuir et Jacinto Lageira suivent les mésaventures du corps tourmenté dans l’art contemporain. En somme, la figure humaine a perdu son enveloppe ; pétrie, lacunaire et évidée, elle n’est plus celle qui maîtrise le monde.
Ouvrir/Couvrir, ouvrage collectif, éd Verdier, 28 E, 314 p.
Parachute
Défini comme une “fresque qui retrace un quart de siècle d’histoire de l’art contemporain et de constant renouvellement de la critique de l’art”, le recueil d’articles proposé par la revue québécoise Parachute pour son 25e anniversaire impressionne. Dans la liste prestigieuse des philosophes, historiens d’art et artistes on relèvera les noms de Thomas Crow et Thierry de Duve, Serge Guilbaut et Jeff Wall, Dan Graham ou encore Jean-François Lyotard. Au croisement des cultures européennes et américaines, il est tout naturel que ce formidable outil d’exploration des pratiques plastiques et de réflexion esthétique propose pour comme emblème de son activité le terme du métissage. Parachute, Essais choisis 1975-2000, éd La Lettre volée, 2 tomes, 510 p.