On le savait, Jean-Louis Pradel est un critique d’art engagé. Témoin privilégié de la scène artistique française, il fait partie de ceux qui détectent avec gourmandise toute évolution esthétique dans ce microcosmos. La Figuration Narrative trace le bilan de ce mouvement que l’auteur accompagne depuis ses débuts. Dans son récit, l’art et l’histoire se croisent souvent car entre1960 et1980, la question du rapport entre art et politique s’est posée avec acuité, prenant toute son ampleur lors des événements de mai 1968. On y assiste comme à l’émergence d’une nouvelle peinture d’Histoire, peinture de l’histoire, mais qui déstabilise des codes de représentation par le dispositif spéculaire de la citation d’image, “images d’images” qui empruntent aux affiches, à l’image télévisuelle, aux magazines, à la Bande dessinée, au cinéma, à la photographie. Les participants de cette nouvelle “vague d’objectivation” critiquent le “formalisme abstrait” qui, selon eux, se détourne de la réalité sociale. Leurs détracteurs, eux, restent insensibles à l’idée que la figuration des années 60 est une Figuration Autre et non pas un simple retour à l’ordre. Partant de l’exposition fondatrice, Mythologies quotidiennes (1964), les étapes parcourus par Arroyo, Rancillac, Klasen, Monory, Télémaque, Aillaud et autres Cueco ont des titres significatifs : Figuration Narrative, Bande dessinée et Figuration Narrative, Le monde en question et pour clore, Mythologies quotidiennes II en 1977. Pradel analyse les trajets de plusieurs parmi ces peintres jusqu’à la période la plus récente. Accompagné d’un dictionnaire précis et détaillé ainsi que de choix important des textes critiques, ce travail extrêmement stimulant a toutefois son péché mignon : l’enthousiasme de l’auteur lui fait parfois oublier l’importance du reste du champ artistique. Ah, la passion ! La Figuration Narrative, ed Hazan,
La Figuration Narrative selon Jean-Louis Pradel
Figuration narrative française 1960-1980