Silencieuses. Les œuvres de Jean-Marc Cerino sont silencieuses. Et pourtant, elles mettent en scène des événements fracassants, différentes catastrophes qui ont marqué le siècle dernier (guerres ou autres cataclysmes). Pour autant, l’artiste n’a rien d’un reporter. Certes, le « naturalisme » de ces images, le fait qu’on sait qu’elles sont issues de photographies, nous assure (?) de leur effet de réel et de leur valeur de témoignage. Visibles dans les journaux, ici, les représentations sont retravaillées, isolées, agrandies, extraites de leur contexte médiatique et projetées dans l’espace artistique. Possédant leurs propres règles, ces signes ne s’arrêtent pas à un simple rapport mimétique avec l’environnement, à une transcription de la réalité. Ces travaux happent le regard, l’obligent à un degré d’attention qu’il a perdu face à la photographie d’actualité, car Cerino y injecte un surplus personnel et critique, déplace l’accent de l’esthétique à l’éthique. Les visiteurs, eux, défilent à travers les salles en silence, sans commentaires.
Clichés des clichés
Photographie et représentation
Exposition — Jean-Marc Cerino Le grain des jours, jusqu’au 21 septembre, Musée des Beaux-Arts de Dole, musee.dole@wanadoo.fr
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