En toute logique, la manifestation qui retrace le parcours de Jean-Martin Charcot se situe à la chapelle de la Salpêtrière. C’est dans cet hôpital que fut créée pour lui la toute première chaire mondiale de neurologie, en 1882. Le fameux médecin - le premier à avoir introduit la démarche scientifique dans l’étude des maladies du système nerveux - fut aussi celui qui, crayon en main, dessinait avec précision (et avec talent) les signes cliniques de ses patients. Certaines de ces esquisses mais aussi des photos sont exposées ici, accompagnées de travaux d’artistes contemporains mais aussi d’adolescents soignés dans le service psychiatrique. Une œuvre s’en détache : la splendide installation d’Ernest Pignon-Ernest, Extases (2008-2014). Ces corps convulsés de femmes en transe rappellent que Charcot a cherché dans le domaine artistique, essentiellement celui de la peinture du 17ème siècle, la confirmation de ses descriptions d’hystériques. Une façon de rationaliser la possession démoniaque qui jadis menait au bûcher.
Charcot, jusqu’au 9 juillet, Église Saint-Louis, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 83, bd de l’hôpital, 75013 Paris, tlj 9.30-18h. Itzhak Goldberg