Pourtant, tout s’annonce bien. A l’entrée de l’exposition, une toile de Max Pechstein. Un soleil immense, composé de cercles concentriques, rayonne. Au fond, des arbres sur des montagnes. Soleil levant. Le traitement presque gestuel, les empâtements de couleurs jaune et blanc portent la signature de Van-Gogh, l’artiste admiré par l’ensemble des avant-gardes - Nolde parle de van-gohia ????une erreur de Nolde ou de toi qui es aussi célèbre que Nolde!!!!????– au début du XXe siècle. Un léger problème toutefois, la toile est datée de 1933. Une année lourde de sens pour l’Allemagne, qui annonce la liquidation de toute forme de modernité dans ce pays. Choix étonnant, pour une manifestation où l’histoire et l’histoire de l’art sont inséparables. « Entre deux horizons raconte plus de cent ans d’histoire partagée : celle des influences croisées, des consonances et dissonances artistiques entre la France et l’Allemagne à travers le prisme de l’exceptionnelle collection d’art moderne du Saarlandmuseum de Sarrebruck » déclarent les organisateurs. Programme ambitieux, mais qui n’est rempli que partiellement. En ce sens, la première salle, qui confronte les œuvres impressionnistes françaises à celles, plus tardives, produites ? de l’autre côté du Rhin, montre avec justesse le rapport de forces qui existe alors entre les deux pays. Certes, on connaît la position dominante de Paris, «  capitale artistique de l’Europe » à cette période. Peu nombreux sont en effet les artistes allemands qui n’y séjournent pas à un moment ou à un autre de leur formation. Cependant, malgré une thématique différente – exclusivement des paysages chez les artistes français, des sujets plus variés chez les allemands – le grand public découvre ici tout l’intérêt des toiles de Max Liebermann, de Lovis Corinth ou de Max Slevogt, des artistes de premier ordre. Les choses se compliquent avec le second chapitre, intitulé Tempête, qui met face à face les fauves et les expressionnistes. Par chance, on n’en est plus aux querelles stériles sur la primauté de chacune de ces tendances artistiques dans l’invention de la modernité. La reconnaissance, même tardive, de l’expressionnisme en France, évite désormais de présenter ce mouvement comme une version moins contrôlée, plus criarde, du fauvisme. Curieusement toutefois, la présentation de Metz pêche dans l’autre sens. On y trouve, timides et relégués dans un coin, un Vlaminck, un Dufy, un Derain et un Camoin. Plus loin, on explique aux spectateurs que Hans Purrmann – représenté ici par deux toiles-, qui a étudié à l’académie Matisse à Paris, fut le passeur du maître fauve en Allemagne. Le fait est indiscutable mais dans ce cas pourquoi l’exposition ne propose-t-elle qu’un seul dessin de Matisse ? Par contre, on ne peut qu’admirer le splendide Macke, les Marc, les têtes de Jawlensky ou encore les œuvres des membres de la Brücke, Kirchner, Heckel ou Schmidt-Rottluff. Cette critique ne vise en aucun cas une mauvaise volonté dont auraient fait preuve les commissaires allemands. En réalité, l’entreprise louable de la collaboration entre les deux institutions, due à la fermeture pour travaux de la section moderne du musée de Sarrebruck, souffre des lacunes de cette collection. Rien de trop étonnant : on imagine encore moins un musée français se lançant dans une opération semblable. Pour autant, on comprend mal pourquoi Pompidou Metz n’a pas complété cette présentation à l’aide de prêts de sa « maison mère » ? D’autres chapitres de ce parcours chronologique sont mieux équilibrés. Ainsi, les années trente offrent un beau panorama. Du côté allemand on trouve, entre autres, Beckmann, Feininger et un splendide Oskar Schlemmer (Groupe de femmes bleues, 1931) qui, à lui seul, vaut le voyage. Du côté français sont exposés Léger, les sculpteurs Henri Laurens et Alexander Archipenko ou encore Picasso. Ailleurs, avec les abstractions d’après la Seconde Guerre mondiale, Wols, Roger Bissière ou Maurice Estève côtoient Max Ernst, Wilhelm Nay et Karl Otto Götz. Ailleurs encore, une section riche est consacrée à la photographie, un des points forts de Sarrebruck. Par contre, le « cabinet d’art graphique » improvisé reste, malgré la qualité des œuvres, un fourre tout. De même, dans la sélection des années soixante mettant en scène le groupe allemand Zero, qui réunit des artistes fascinés par la technologie (Heinz Mack, Günther Uecker, Otto Piene), leur interlocuteur français principal, Yves Klein, manque cruellement. Pour terminer, revenons à l’histoire, jamais absente ici. Inévitablement, avec l’exposition infâme de l’Art dégénéré (1937), cette tache indélébile qui a marqué le XX siècle. Ou plutôt, avec ce formidable cycle d’Otto Dix, Der Krieg (La Guerre) 1924, cri retentissant pour que cette folie meurtrière ?disparaisse de l’horizon.

Et Meese ??? il ne vaut pas le détour ??? je suis bien curieuse des artistes français actuels qui auront été mis en vis-à-vis

bisous