Ici, comme souvent, Tadashi Kawamata fait appel aux éléments qui font partie de notre quotidien, sans la moindre qualité esthétique (des matériaux de bois et de mobilier usagé). Comme souvent encore, c’est une œuvre collective réalisée avec les étudiants d’une école des Beaux Arts (celle de Metz). Mais surtout, comme toujours, l’installation de l’artiste japonais crée un choc immédiat, un effet de sidération. Dans l’immense galerie qui surplombe la ville, Kawamata a construit en quelque sorte un faux plafond dont le titre Under de Water (Sous l’eau) se réfère au tsunami de 2011, le plus meurtrier qu’ait subi son pays. Cette vague énorme, qui a emporté sur son chemin une quantité infinie de débris d’habitations, s’est répandue dans les médias et a eu droit à différentes appellations, telles que Grande zone d’ordures du Pacifique ou Huitième continent. Pour l’artiste, fasciné par les écrits du philosophe Paul Virilio sur les catastrophes et sur la « surexposition du public à l’effroi », il s’agit d’un monument silencieux, à l’opposé de ceux, statiques et grandiloquents, qu’on trouve d’habitude. La force de l’installation réside dans sa capacité à jouer sur les contrastes ; entre assemblage et destruction, entre unifié (réunion  ?)et fragmenté (fragmentation ?), entre chaotique (chaos) et parfaitement ajusté (parfait ajustement ?), entre sublime et tragique. Lourd et flottant à la fois, ce plafond suspendu qui permet la traversée du regard, est à l’image de « l’anéantissement et (du) ciel perçu par les victimes » (Hélène Guenon).