Les artistes des années cinquante, qui ont souvent vécu la deuxième guerre comme un traumatisme (Dubuffet, Fautrier, Bacon mais déjà avant Bellmer à sa façon) cherchent à inventer une nouvelle chair. L’intégrité du corps est en permanence menacée, les enveloppes se déchirent. L’abolition des frontières épidermiques permet d’exhiber à la fois le dehors et le dedans. C’est l’intérieur du corps de ces nouveaux écorchés qui devient un champ d’expérimentation, où se produisent des événements de l’ordre du sensible et non plus seulement de l’ordre du visible. Le désir cède souvent la place à l’horreur. De nouvelles Demoiselles d’Avignon apparaissent, où ce sont à la fois le volume du corps et la surface de la toile qui sont déformés.
Cette conférence va traiter le nu dans la peinture au 20 siècle avec un accent sur la modification de sa représentation traditionnelle.