On l’a dit, d’autres artistes juifs en Israël réagissent également face à cette situation tragique. Avec un visage-corps réduit à un ovale de couleur sombre et des bras squelettiques dressés dans un geste d’impuissance, Ronit Dovrat exprime ainsi toute sa frustration. Le titre de son oeuvre Frontières mentales (2003) suggère que le conflit qui dure depuis pratiquement un siècle dans ce pays n’est pas uniquement d’ordre géographique. A son tour, dans l’ensemble des travaux qu’Avi Trattner nomme Enfants, au milieu d’un réseau inextricable surgissent des personnages dont les têtes, d’une taille excessives, souvent casquées, se rattachent directement aux tronc rectangulaires. D’une agressivité froide, presque nonchalante, ces machines de guerre portent toujours au bout d’un bras tendu une arme menaçante. Des figures étranges ou grotesques, qui commettent des actes de violence avec un naturel si désarmant qu’il est impossible de décider si l’on a affaire à des scènes réelles ou à des jeux d’enfants particulièrement cruels.