Il est rare qu’un livre $sur l’histoire de l’art soit bouleversant. C’est le cas de “Nos artistes martyrs”, l’ouvrage de l’écrivain et journaliste Hersh Fenster (1892 – 1964) qui réunit les biographies de 84 artistes juifs morts ou déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Publié en 1951 en yiddish, réservé aux initiés, il vient d’être traduit en français par Nadia Déhan et Évelyne Grumberg. L’auteur a réalisé un travail titanesque en récoltant patiemment pendant cinq ans des témoignages et des photographies de ces créateurs - réalistes, expressionnistes, post cubistes - que l’on peut rassembler sous l’étiquette vague de l’école de Paris. Si l’introduction est faite par Chagall, si l’on trouve parmi ces créateurs Chaïm Soutine ou Otto Freundlich, c’est surtout une rare opportunité de découvrir, à l’aide de 170 illustrations, d’autres créateurs partiellement oubliés, souvent disparus tragiquement.
“Nos artistes martyrs”, Hersh Fenster Coédition MahJ-Hazan, sous la direction de Juliette Braillon, 312 p, 39 E.