Le charme de la nature de Jean Hugo Soyons honnêtes, si le nom de Jean Hugo semble familier, c’est surtout grâce à un patronyme fixé pour toujours dans la mémoire collective par celui qui a été son arrière-grand-père : Victor. Et pourtant, Jean Hugo, disent les commissaires, « fut tour à tour décorateur, peintre, poète et écrivain. Il a réalisé plus de 1000 peintures et 3000 dessins, collaboré à près d’une cinquantaine de mises en scène théâtrales ou dansées ». Laissant la présentation de la partie décorative de cette production plastique au Musée Fabre de Montpellier, le Musée Paul Valéry à Sète a choisi de montrer essentiellement la vision de la nature par l’artiste. De fait, ayant quitté la vie mondaine parisienne – des amitiés avec Cocteau, Picasso ou Satie – Jean Hugo s’installe à Fourques, dans un mas provençal. Désormais, le peintre réalise des paysages composés avec des éléments pris dans la réalité sans qu’il ne se sente à aucun moment contraint d’être descriptif et imitatif du monde qui l’entoure. Ainsi, Plantation d’une vigne, 1957, met en scène quelques figurines qui s’activent entre des collines réduites à des formes stylisées et des couleurs vives nettement séparées. Faute de mieux, on peut parler d’un style naïf, à l’instar du Douanier Rousseau. A l’instar de ce dernier, son imagination lui permet de voyager dans un ailleurs rêvé, comme avec Ceylan, 1966, qui semble sortir directement des Contes des Mille et une Nuits. Peut-on risquer d’avoir recours face à cette œuvre à un terme que l’histoire de l’art a banni depuis longtemps – le charme ? Itzhak Goldberg
Jean Hugo, le charme de la nature
Vision naïve et poétique de la nature
Exposition — Jean Hugo, entre ciel et terre, jusqu’au 13 octobre, Musée Paul Valéry, Sète ↗
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