La der des ders de Pierre Soulages Pierre Soulages posthume ? N’exagérons rien. Les œuvres exposées ont été réalisées au cours des dernières années de sa vie - de 2010 à 2022. Le premier hommage muséal se tient - c’était inévitable - au temple consacré au peintre à Rodez. Les œuvres, comme toujours, sont splendides. On reste impressionné, voire touché, par la capacité et surtout par le désir intact de l’artiste de continuer à créer à cet âge. Les prêts viennent de la collection personnelle de Pierre et Colette Soulages, de collectionneurs privés, de galeries qui ont suivi son parcours, du musée Fabre de Montpellier et du Museum de Münster en Allemagne. On a droit ici à toutes les déclinaisons de Soulages avec sa couleur fétiche, l’outrenoir, désormais associée définitivement à son nom. Ce “champ mental autre que celui du simple noir qui… devient émetteur de clarté, de lumière secrète…” (Soulages, Les éclats du noir, 1996), était pour lui matière et support. Les dernières œuvres, souvent monumentales, sont proches, sans jamais être identiques. Le visiteur, qui sera tenté par l’impressionnant catalogue, y trouvera, l’un après l’autre, les exégètes reconnus de l’artiste. En revanche, il cherchera en vain une quelconque note critique. Citons ainsi Alfred Pacquement qui a déjà orchestré la célébration du centenaire de Soulages au Louvre et qui écrit en qualité de président du musée : “L’artiste se renouvelle sans transformation brutale ; il réinvente sans modifier son protocole de travail et poursuit sa quête jamais rassasiée de la lumière du noir.” L’œuvre de Soulages, magnifique, a-t-elle besoin de telle hagiographie ? Itzhak Goldberg