La grande qualité du livre de Fabrice Gaignault ? Son amour pour Jean Hélion. Les limites du livre de Fabrice Gaignault ? Son amour pour Jean Hélion. Paradoxe ? Pas vraiment. La biographie de l’artiste français, très vivante et très agréable à lire, est une histoire de l’art romancée où l’auteur se met dans la peau de son personnage. Ainsi, on suit le trajet artistique de celui qui a démontré de manière exemplaire que considérer les deux systèmes - figuration et abstraction - comme des frères ennemis demeure la meilleure façon d’appauvrir la peinture. Gaignault a parcouru aussi bien les écrits du peintre que les textes des critiques ou des amis à son sujet. Toutefois, et c’est le problème, les noms qui reviennent tout au long de ce récit sont ceux de Henry-Claude Cousseau et de Didier Ottinger, les conservateurs qui ont organisé d’importantes expositions du peintre, ou celui du galeriste Alain Margaron, qui, depuis longtemps, soutient l’œuvre d’Hélion. Leurs témoignages, comme d’ailleurs le ton général de ce livre, sont légèrement hagiographique. Le grand peintre qu’a été indéniablement Hélion n’en avait pas besoin. Itzhak Goldberg Fabrice Gaignault, Jean Hélion, le franc-tireur, Flammarion, 24 E, 250 p.
Le retour de Jean Hélion
Biographie et oeuvre de Jean Hélion