On le sait, depuis des années Jean-Pierre Schneider fait retour sur la figuration. Mais une figuration qui aurait intégré la leçon de l’abstraction : plus tournée vers l’apparaître des choses que vers leur apparence. D’un dépouillement presque absolu, excluant tout détail superflu, ses configurations visuelles, des chutes d’eau, des grandes terres, échappent à toute lourdeur, à toute contingence matérielle. Rien n’est nommé, situé, raconté. A plus forte raison, rien n’est expliqué. Dans cet univers, aucun sujet ne se résume à une seule image, aucun tableau n’est jamais clos sur lui-même ; il advient ce qu’il est dans la proximité aux autres. Répéter les mêmes expériences à une altération près, représenter inlassablement le même motif est ainsi pour l’artiste un moyen de mieux saisir le monde et de le récréer. A Dreux, des étranges figures de femmes qui portent le bliaud, un vêtement qui date du Moyen-Age, forment une série à laquelle l’exposition doit son titre. Le Bliaud de la Reine, jusqu’au 31 mars, Arsenal, 5 Place du Marché couvert, Dreux, tél 02 37 50 18 61, http/www.dreux.com/artsenal
Ailleurs, peut-être
Peinture figurative abstraite et abstrait
Exposition — Le Bliaud de la Reine, Arsenal Dreux