Les quelques femmes qui traversent l’œuvre de Jean-Pierre Schneider n’ont rien à voir avec ce lieu commun artistique qu’est le nu féminin. Comme partout dans sa peinture, les corps ne s’affirment pas : ils semblent en retrait. Présences fragiles, presque intruses, elles semblent avoir franchi le seuil de la toile comme par effraction. Sans geste, sans action, elles ne font que paraître. Paraître, mais au second degré. Car parmi elles, deux silhouettes dominent : La servante du 28.XII.09 et Mme de Valpinçon, figures déjà empruntées à Ingres et à Manet. Des images d’images, réduites à leur ombre portée. Est-ce pour cela que ces corps tronqués, bidimensionnels, glissent sur la surface comme des spectres ? De ces reflets affaiblis, de ces représentations de représentations, il ne subsiste qu’une ressemblance résiduelle avec leur origine. La tête de la Servante se dissout dans le noir, Olympia s’efface pour se transformer en une tache blanche, et Mme de Valpinçon n’est plus qu’un contour discontinu. Autrement dit, l’art de peindre des limites. Dématérialisées, ces femmes sont aussi dépersonnalisées. Tantôt elles nous tournent le dos, tantôt leur visage se vide de ses traits – Berthe Morisot - comme si l’identité même se retirait dans l’ombre. Une figure demeure à part : La Femme sans mots. Comment comprendre ce titre énigmatique ? Cette femme est-elle condamnée au silence, ou bien a-t-elle choisi de se taire comme une forme de résistance passive au monde ? On ignore l’origine de cette image de détresse, ce corps qui paraît se décomposer. Une certitude cependant : si les femmes de Jean-Pierre Schneider viennent d’ailleurs, La Femme sans mots, elle, se dissout lentement sous nos yeux. Mais les femmes de l’artiste sont-elles vraiment si différentes des figures masculines qu’il peint – les nageurs, par exemple ? Peut-être partagent-elles le même rêve de Jean-Pierre Schneider : des corps qui flottent, qui défient la pesanteur, qui se libèrent des lois de la gravité. Répétons-le : la seule distinction – et elle n’est pas mince – réside dans la distance prise avec les modèles féminins du passé. À la chair sensuelle, à la séduction attendue, se substituent chez lui des silhouettes d’absence. Des problèmes d’une fausse simplicité : comment planter une figure mais la libérer de la pesanteur ? Comment obtenir un équilibre entre tension et flexibilité, rigidité et souplesse ? Comment suggérer l’intérieur d’un volume ? Comment faire jouer la surface et la profondeur, ou encore faire jouer la surface contre la profondeur ? « La peinture, disait Henri Cueco, est l’art d’obtenir avec peu de moyens des résultats fort complexes. »

Peut on parler d’un peintre abstrait avec un sujet ou encore d’une figuration non narrative un peu comme les haikus – jamais plusieurs personnes On remarque les peu de figures chez toi. Les personnages, quand ils existent, sont plutôt du sexe masculin et ils sont anonymes – Les nageurs La femme sont moins anonymes, si l’ont peut dire, car les plus souvent ce ne sont pas des personnages réels mais elles se réfèrent aux figures connus dans le domaine artistique. Pourquoi se besoin de choisir ces références Ces femmes ont elle sa-t-elle une place spécifique pour toi ? Série ou thème et variations Séquences Horizontal et vertical On pense à cette belle citation de Nicolas de Staël : « L’espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux y volent librement. » Pourquoi ce rejet de l’espace Travail toujours fragmentaire qui oblige le spectateur la compléter